Du circuit de Vitesse JP Wimille du Parc Borely aux volants Xbox : un pari fou

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Il fut un temps où Marseille accueillait un Grand Prix. Presque aussi improbable que celui de Monaco, la ville phocéenne l’organisait elle aussi en plein milieu de la ville, entre le Parc Borely, l’hippodrome et l’Avenue du Prado. Il s’est tenu pendant 10 édition avant de disparaître, au profit de circuit plus prestigieux comme Magny-Cours ou celui de Paul Ricard.

Une épreuve d’endurance

Le Grand Prix de Marseille était conçu pour être une course très longue avec 134 tours. La distance à parcourir était de près de 358 km, au volant de monoplace assez rustique et quasi sans protection. La course qui se déroulait en pleine ville était d’ailleurs périlleuse, aussi bien pour les coureurs que pour les spectateurs. En effet, entre les bolides vrombissants et la foule, seuls de maigres ballots de paille faisaient office de barrière. Pour autant, l’engouement était réel. Car il s’agissait aussi pour la France, à l’époque, de rivaliser avec le puissant voisin allemand. La domination sur les circuits était d’ailleurs bien visible, d’où la création d’épreuves en France.

Le circuit du Parc Borely accueille également en 1936 une épreuve d’endurance appelée les 3 heures de Marseille.

Le Grand Prix automobile se tiendra de manière sporadique entre 1932 et 1949. Puis, la création du Championnat du monde de Formule 1 en 1950 fait que cette épreuve est versée dans le pot de la Formule 2. 3 ans plus tard, en 1952, l’épreuve disparaît pour n’être ressuscitée qu’en 2018 à l’occasion du Championnat de Formule E sous forme d’un circuit sur le Vieux Port.

Difficile de croire que cet écrin de verdure fut un jour le théâtre de courses automobiles effrenées

Un tracé urbain qui pourrait renaître

Le circuit JP Wimille tire son nom d’un des meilleurs pilotes français de tous les temps et sans aucun doute le meilleur de son époque. Une plaque est notamment installée dans le parc Borely et est là pour rappeler l’importance que ce personnage a eu dans l’histoire automobile et dans celle de la ville. Et ce, même si aujourd’hui le Parc Borely est considéré comme l’écrin vert de Marseille et que le souvenir du circuit s’est effacé… Cela n’empêche pas que certaines traces restent dans les souvenirs des plus anciens qui ont pu le vivre en direct.

C’était un circuit au tracé des plus sinueux, avec peu d’espace pour dépasser et de nombreux virages, tout comme le GP de Monaco. Un tracé qui permettait de voir les voitures au ralenti et de pouvoir apercevoir ses idoles. Fangio, le meilleur pilote du monde à l’époque et encore aujourd’hui, est lui aussi venu fouler le bitume marseillais pour remporter le GP.

Avec le retour de la Formule E sur Marseille, il n’est pas impossible de voir renaître le circuit de ses cendres. Surtout que la Formule 1 est elle aussi de retour au Castellet tout proche. Mais ce retour sera très certainement freiné par l’opposition grandissante à l’automobile dans les villes. Il pourrait donc se faire de manière virtuelle derrière les meilleurs volants gamer plutôt que dans un bolide tonitruant.

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