Langue française

Les pièges de la langue française en 22 leçons

Déjouer les pièges de la langue française devient facile lorsque les règles y afférentes sont bien maîtrisées. Vous évitez ainsi de nombreuses erreurs de forme, de genre, de nombre, d’accord, d’orthographe ou encore de conjugaison. Vous saurez également choisir et écrire des mots en fonction du sens du discours. Cet article vous propose quelques conseils pour ne plus refaire ces fautes.        

1.     L’ajout d’un « s » à personne

Accorder le mot personne lorsqu’il est précédé d’un déterminant est facile notamment une personne ou bien des personnes. Cette même règle est appliquée lorsque la phrase a un sens positif et indique la présence d’individus dans le contexte. Évitez cependant de le mettre au pluriel lorsqu’il évoque un fait négatif et implique une absence d’individus :

  • De nombreuses personnes souhaitent apporter leur contribution sur le projet de fondation. C’est un exemple de phrase ayant un sens positif et « personne » prend la marque du pluriel.
  • Personne ne veut m’aider. Le mot personne indique ici « aucun individu ». Le sens est négatif et ne s’accorde donc pas.
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La langue française

2.     Le choix entre « tacher » ou « tâcher »

Le verbe tacher indique une saleté et s’emploie pour montrer l’état d’un objet. Il est exempt de circonflexe puisqu’il est extrait de « attacher » dont son radical « tac » veut dire « ce qui fixe ». Par exemple : le monsieur s’est taché en renversant sa tasse de café sur sa chemise.

Le verbe « tâcher », quant à lui, indique une action qui signifie déployer les possibilités pour aboutir à quelque chose. Il évoque également du travail à réaliser.  

3.     L’accord sur les adjectifs de couleur

Les adjectifs de couleur en langue étrangère restent invariables à savoir du kaki, burgundy ou encore auburn. Ils prennent généralement un « s » en étant au pluriel dans la langue française. Par exemple, des chaises blanches ornent la salle de réception.

Les adjectifs de couleur sont invariables si ce sont des noms communs notamment turquoise, marron ou encore abricot. Par exemple, les demoiselles d’honneur se sont mises d’accord pour porter des robes turquoise. Le rose, le pourpre ou encore le mauve font exception.

L’écriture de deux couleurs doit être séparée par un trait d’union et reste invariable notamment des yeux bleu-vert ou encore des pantalons gris-noir.  

4.     L’usage de « sur »

De nombreuses personnes commettent l’erreur d’indiquer un lieu en utilisant la préposition « sur ». Elle sert généralement à introduire une place physique supérieure notamment sur une table ou encore sur un canapé.

Il convient de dire « nous habitons à Marseille » au lieu de « nous habitons sur Marseille ».

5.     Les noms de métiers au féminin

Les noms de métiers terminés par « teur » se transforment généralement en « trice » pour indiquer une féminisation notamment un acteur, un réalisateur ou encore un agriculteur. Ils deviennent dans ce cas une actrice, une réalisatrice et une agricultrice.

Cette règle est loin de s’appliquer pour tous les noms de métiers notamment un médecin reste invariable. En revanche, dire « doctoresse » est correct pour indiquer un docteur de sexe féminin.    

6.     Le pléonasme

Le pléonasme est une erreur commise de la langue française à l’écrit et à l’oral. Il s’agit de construire un ensemble de mots évoquant des significations similaires telles que monter en haut ou encore à 20 heures du soir.

Évitez d’utiliser ensemble des verbes ayant plus ou moins un même sens comme « s’avérer » et « être » ou bien « vais/va/vont » et « aller ».

7.     L’accord des adjectifs numéraux

Tous les nombres constituent des adjectifs numéraux variables sauf le trois. Cent prend un « s » lorsqu’il est au pluriel. Autrement dit, il est placé après un nombre qui le multiplie notamment deux cents ou bien quatre cents. Il reste invariable dans le cas où il est suivi par un autre adjectif numéral comme cinq-cent-deux par exemple.

L’adjectif numéral « vingt » prend la marque du pluriel « s » à la seule condition d’être combiné avec quatre dans « quatre-vingts ». Il reste invariable s’il est précédé d’un autre nombre et non multiplié.

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Quatre-vingts ; quatre fois vingt

Les adjectifs numéraux s’accordent aussi en genre. « Un » devient « une » au féminin comme c’est le cas avec trente et une minutes.

8.     L’ajout de la lettre « e » à la fin d’un mot

Beaucoup de personnes hésitent sur l’usage de la lettre « e » à la fin d’un verbe conjugué et d’un nom qui s’écrivent pratiquement de la même manière. Une astuce consiste à mettre la phrase au passé dans la phrase pour déterminer si le mot a besoin du « e ». Si ce n’est pas possible, alors c’est le nom que vous allez utiliser. Par exemple : « il calcule la formule » peut être transformé en « il calculait la formule » : il s’agit bien du verbe et prend un « e ». Mais s’il s’agit de « le calcul est bon », impossible de mettre le mot au passé, il ne prend donc pas de « e ».

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Un verbe en a systématiquement besoin s’il s’agit du premier groupe, c’est-à-dire se terminant par –ER. Vous dites par exemple il travaille ou il sommeille. Les noms communs, quant à eux, sont exempts du « e » notamment un conseil, un travail ou un détail.

9.     Le choix entre pêcher et pécher

Le verbe « pêcher » est issu du mot latin « peschier » signifiant « poisson ». Ce terme est employé pour indiquer une action de capturer des animaux vivant sous l’eau. Cet homme a réalisé une bonne pêche !

Pécher, quant à lui, concerne la religion. Il est issu du mot latin « peccatum » indiquant une erreur commise à l’encontre de la loi divine. Ce verbe est donc utilisé pour accuser une personne afin de le rendre coupable. Cet homme a péché avant de se repentir, par exemple.

10. L’usage du comparatif « autrement »

Le comparatif « autrement » signifie « bien plus ». Vous faites donc une erreur si vous ajoutez des qualificatifs « plus » et « moins » puisque le sens de la phrase change dans cette circonstance.

Préférez dire « sa performance est autrement améliorée contrairement à ses débuts » plutôt que « sa performance est autrement plus améliorée ».   

11. Les expressions pour dénombrer

La majorité et la plupart font partie des expressions courantes pour dénombrer. Leurs verbes s’accordent systématiquement avec leurs compléments. Par exemple, la plupart des animaux domestiques étaient transférés dans un centre d’accueil.  

À noter que le verbe reste au masculin singulier dans le cas où le complément est absent. La phrase d’illustration devient : la plupart était transféré dans un centre d’accueil.

12. L’usage de l’expression « avoir l’air »

Cette femme a l’air heureux/heureuse. Les deux alternatives sont correctes, mais c’est au niveau du sens qui va faire la différence. La première phrase évoque une apparence ou bien une allure en s’accordant avec « air ». La seconde renvoie au verbe « sembler » et s’accorde avec le sujet.

Cette règle s’applique à condition que le sujet soit une personne. Seul le second choix est valable s’il s’agit d’un objet ou d’une plante. Voici des exemples :

  • Ces fleurs ont l’air fanées ;
  • Cette chaise a l’air usée ;
  • Ces murs ont l’air endommagés.
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La langue française est complexe

13. Le traitement de la dernière voyelle d’un mot

La dernière voyelle d’un mot est généralement retirée lorsque le mot suivant commence par une voyelle, sauf sous certaines conditions, notamment les suivantes :

  • Elle s’enlève pour lorsque, jusque, quoique, parce que et puisque : seul le « e » final dans « presque » se garde constamment, sauf pour le terme « presqu’île » ;
  • Avec le ou la, le « e » et le « a » sont enlevés sauf pour quelques mots dont la une, le un, le onze, la ouate, le oui ou encore la énième ;
  • Pour de, ce, me, ne, te, se et que, le « e » est remplacé par une apostrophe ;
  • Devant la lettre « y », le « e » est gardé (le yachmak, le yang) ;
  • Devant un « h » muet : le « e » est aussi maintenu (le hibou, le haricot).

14. Les superlatifs « des moins », « des plus » et « des mieux »

Les adjectifs qui suivent ces superlatifs portent non seulement la marque du pluriel, mais aussi le genre si besoin. Par exemple, ces fraises sont des plus délicieuses. Cela sous-entend que les fruits comptent parmi les plus succulentes.

À noter que les adjectifs restent invariables si le sujet composé d’un pronom et d’un verbe est neutre. Par exemple, parcourir ce trajet était des plus difficile ou bien faire ce voyage était des moins intéressant cette année.  

15. Le choix entre « balade » ou « ballade »

Seule la lettre « l » distingue ces deux mots, mais leurs sens sont entièrement différents. Une balade est une promenade. Cet homme balade souvent son chien à cette heure-ci.

Une ballade indique une œuvre vocale et instrumentale dédiée à la danse. La ballade des instruments de la nuit précédente était performante.

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16. Le choix entre « avoir affaire » et « avoir à faire »

Avoir affaire signifie que le sujet est en présence d’une personne ou bien d’un objet. Vous avez le choix entre la préposition « à » et « de » pour introduire le complément. Une astuce consiste à utiliser :

  • « Avec » pour déterminer si « à » convient (La dame a affaire à des personnalités célèbres) ;
  •  « A besoin » pour connaitre la compatibilité de la préposition « de » (La dame a affaire de ces mobiliers).

Avoir à faire connote une obligation ou bien à un devoir. Par exemple, le jeune homme a à faire ces travaux restants.

17. Le choix entre « causer avec » ou « causer à »

Le choix de beaucoup d’utilisateurs de la langue française s’oriente généralement vers le second choix pour indiquer une discussion avec une personne. Cependant, cette tournure est fausse. Désormais, préférez dire la première option, c’est-à-dire causer avec un ami/proche/inconnu.

À noter que « causer du tort à une personne » évoque un sens totalement différent, celui de faire du mal à quelqu’un.   

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18. Le choix entre « meurtre » et « assassinat »

Bien que meurtre et assassinat signifient plus ou moins le fait de tuer quelqu’un, ces termes se distinguent. L’assassinat est un acte prémédité. Autrement dit, le tueur a pensé au préalable au déroulement du processus. L’opération est donc réalisée par une personne plus ou moins experte dans ce domaine.

Le meurtre, quant à lui, est un homicide effectué par un néophyte. Ceci amène à ce que la différence entre un assassin et un meurtrier réside dans leur compétence.

19. Le choix entre « cela » et « ceci »

Le terme « cela » fait référence à un propos déjà mentionné tandis que « ceci » annonce une nouvelle idée. C’est pour cette raison que dire « ceci dit » est une erreur. En revanche, c’est « cela dit » qui est correct.

Illustrons leur usage grâce à ces phrases :

  • Cet accident a fait un grand dégât. Cela a traumatisé les victimes ;
  • De nombreuses personnes sont arrivées du voyage, cela dit, elles ont besoin d’un endroit pour dormir ;
  • Notre supérieur hiérarchique a annoncé ceci : il va offrir une promotion à certains employés de l’entreprise.

20. L’usage de « se rendre compte »

Le participe passé « rendu » dans l’expression « se rendre compte » reste invariable peu importe le sujet. Les utilisateurs de la langue française font souvent une faute à ce niveau en accordant le verbe avec le sujet.

« Elle s’est rendue compte de sa capacité au fil du temps » est donc une phrase incorrecte. Ceci est par contre correct : « elle s’est rendu compte de sa capacité au fil du temps ».    

21. L’accord entre un mot et un adjectif numéral

Tout accord entre un mot et un adjectif numéral inférieur à deux reste au singulier en français. Certaines personnes ont en effet tendance à indiquer la marque du pluriel sur le complément ou bien l’unité de mesure qui suit le nombre « 1, ».

Voici une illustration de cette règle de base :

  • Incorrect : il a parcouru 1,8 kilomètres aujourd’hui ;
  • Correct : il a parcouru 1,8 kilomètre aujourd’hui.

22. L’usage de « demi » dans une phrase

Son utilisation varie principalement en fonction de sa place :

  • « Demi » s’accorde uniquement en genre lorsqu’il suit un nom : deux heures et demie, trois ans et demi ;
  • « Demi » forme un nom composé en se plaçant devant, il reste invariable et s’accompagne d’un trait d’union : un demi-cercle, une demi-pastèque, une demi-heure ;
  • « Demi » est précédé de la préposition « à » en s’unissant avec un adjectif, mais l’ensemble est dépourvu de trait d’union : à demi endommagé ;
  • « Demi » se combine avec un adjectif grâce à trait d’union : des fleurs demi-écloses ; des mobiliers demi-embellis. 
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